Scolarisation et niveau d’instruction

Membres : Pierre Desmarez

Cette publication est le résultat du projet « Monographie : Scolarité et Emploi », financé par la Politique scientifique fédérale dans le cadre du programme « Atlas : valorisation des résultats de l’Enquête socio- économique 2001 ».

En ce qui concerne la scolarité, les constats suivants peuvent être dégagés.
La proportion de répondants qui se déclarent aux études atteint le maximum pendant l’obligation scolaire.
Après l’âge d’obligation scolaire, le taux diminue évidemment avec l’âge mais il n’empêche que plus des trois quarts des jeunes suivent encore des études au delà de 18 ans.
Ce taux s’avère plus important chez les jeunes femmes entre 18 et 22 ans.
En dehors du taux de scolarisation actuel, la durée de la scolarisation et le retard scolaire ont pu être abordés en ce qui concerne les personnes déjà diplômées. Le retard scolaire a été apprécié par rapport à une durée dite « normale » (6 ans) du passage dans un niveau d’études et a mis en évidence l’importance de plusieurs facteurs.

La prise en compte du niveau de diplôme apporte une distinction nette entre le diplôme primaire et les autres diplômes.
Pour les personnes qui ont au maximum le diplôme du primaire et indépendamment du sexe, la durée de la scolarité dans le primaire est plus longue que pour les autres niveaux de diplôme, signe d’un taux d’échec plus important. Ce constat est amplifié lorsque l’on observe les classes d’âge plus élevées.
Pour l’enseignement secondaire supérieur, la Région flamande présente des retards scolaires moins importants.
Dans tous les cas, parmi les diplômés du secondaire, les femmes passent moins de temps que les hommes dans ce niveau d’enseignement.
Si l’on compare les retards en primaire et en secondaire, on relèvera une inversion des tendances : en primaire le retard est moins important pour les classes d’âge les plus jeunes par rapport aux plus âgées et inversement pour le secondaire, où l’on constate une augmentation du taux de retard pour les jeunes générations.
Plus d’un quart de la population âgée de 25 à 64 ans a poursuivi avec succès des études dans l’enseignement supérieur et un autre quart a terminé l’enseignement secondaire supérieur. En d’autres termes, plus de la moitié de cette population est diplômée de l’enseignement secondaire supérieur au moins. La Région bruxelloise se distingue des deux autres régions par un taux plus élevé à la fois pour ce qui concerne ses diplômés de l’enseignement supérieur et pour sa population infra-scolarisée. Ce paradoxe apparent est en fait le reflet de situations très contrastées d’une commune à l’autre de Bruxelles et qui se traduit par une fracture sociale clairement dessinée dans l’espace, entre les communes privilégiées du sud-est de la ville et celles plus défavorisées du nord-ouest.

La variable âge joue également un rôle significatif dans la distribution des niveaux de diplôme : le taux de personnes ne possédant que le diplôme primaire passe de quelques pour cent chez les plus jeunes à plus d’un tiers chez les personnes âgées de 65 ans et plus. Par contre, même chez les plus jeunes, notamment en Région bruxelloise, qui ont pourtant profité de la hausse globale du niveau d’instruction, des écarts persistent en fonction de la commune de domicile.

Pour ce qui concerne les domaines d’études, des contrastes frappants sont observés selon le sexe. Parmi les diplômé(e)s de l’enseignement secondaire supérieur technique, près de 60% des hommes sont issus de la filière « industrie » et quasiment aucune femme tandis que ces dernières ont plutôt choisi des filières liées aux services et au bien-être qui sont par contre délaissées par les hommes.

Au niveau des diplômés du supérieur, leur répartition entre les différentes formes d’enseignement dépend surtout de leur sexe : à partir de 25 ans, les diplômés masculins se répartissent de manière égale entre l’enseignement de type court et l’enseignement de type long (universitaire ou hors université) alors que les femmes ont très majoritairement fait le choix de se diplômer dans les filières de l’enseignement supérieur court. Il faut cependant ajouter que la part des femmes universitaires progresse parmi les catégories d’âges plus jeunes. L’analyse des domaines d’études des diplômes de l’enseignement supérieur révèle également le rôle des facteurs sexe et âge.

Pour les diplômés du supérieur court, la filière économique a attiré une part quasi égale chez les hommes et les femmes, et pour les deux sexes, cette filière est en progression parmi les jeunes diplômés. Par contre, l’autre filière de prédilection des hommes est la catégorie technique alors que pour les femmes, il s’agit plutôt des études pédagogiques, même si sa part relative diminue chez les femmes plus jeunes.

Le supérieur long hors université a vu la moitié de ses diplômés masculins sortir de la filière technique (le double de la proportion chez les femmes) et la majorité de ses diplômées pencher plutôt pour la filière économique.

Enfin les universitaires n’obtiennent pas leur diplôme dans les mêmes filières selon qu’ils soient homme ou femme. Un gros quart de ces femmes est diplômé de philosophie et lettres contre un peu plus de 10% des hommes. Ces derniers font d’abord le choix de deux filières dans les mêmes proportions : les sciences économiques et commerciales et les sciences appliquées. En ce qui concerne cette dernière filière, les femmes universitaires ont exceptionnellement fait le choix d’y poursuivre des études. Même si, par rapport aux 60-64 ans (2,9%), la proportion de diplômées a augmenté, elle n’atteint pas encore les 5% parmi les tranches d’âges des plus jeunes, (25-29 ans).

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